Spanning-Tree-Configuration
Dans le cours précédent, nous avons examiné comment la port priority a affecté la désignation de la Switch C en tant que root Bridge, et nous avons noté que le switch B a dû désactiver son port 45, ayant perdu la bataille avec le switch A.
Nous allons maintenant voir comment choisir soi-même le root bridge.
Par exemple, on souhaiterait que le switch A, devienne l’élue !
Pour cela, on va utiliser la commande « Spanning-tree vlan root primary ».
Dans l’exemple, on spécifie le vlan 1 et on exécute cette commande sur le switch A.
Cette commande est une sorte de macro qui va faire baisser la priorité du switch directement dans le fichier de la running-config.
Et comme ici, on utilise le spanning tree par vlan, il est possible de modifier la priorité pour chaque vlan.
Si maintenant, on regarde le fichier du running config, on s’aperçoit bien que la priorité du switch A est passée de 32769, qui était sa priorité par défaut, à 24576.
Alors, il existe une seconde méthode pour modifier la priorité d’un switch, c’est avec la commande « spanning-tree vlan priority ».
Cette commande permet de modifier la priorité avec la valeur que l’on souhaite.
Ici dans cet exemple, on lui spécifie la priorité 4096 !
Les switches B et C ayant une priorité par défaut de 32769, le switch A devient le root bridge !
Comme la topologie du spanning tree a été modifié, l’état du port 45 du switch B, qui était dans un état de blocking dans l’exemple précédent, a certainement dû être aussi modifié !
C’est ce que nous allons analyser.
Si on fait un « show spanning-tree » sur le switch A, l’ensemble de ses ports sont marqués en « Désigné », car c’est le Root Bridge !
La colonne « Prio. Nbr » indique la valeur que le switch inscrira dans le BPDU quand il l’émettra par cette interface.
Si on regarde maintenant sur le switch B, le port Fast Ethernet 45 mène bien vers le root bridge, il sera donc marqué comme root port, et le port 44 est vu comme non désigné et se retrouve dans un état bloqué !
Il nous reste plus qu’à aller voir sur le switch C.
Le port 48 est marqué root port et le 43 est un port désigné
Maintenant que nous savons l’ensemble des états de cette topologie, on va jouer un peu avec le spanning tree !
Ici le switch B passe par le port 45 pour joindre le Root Bridge qui est le switch A.
Comment faire si je veux qu’il passe par le switch C pour joindre le switch A ?
C’est en jouant avec le coût des interfaces que l’on va pouvoir changer notre topologie.
Ici, l’ensemble de nos interfaces ont un coût de « 19 ».
Si on se place du côté du switch B, il peut atteindre le pont racine par son interface 45 pour un coût de 19 et par son interface 44, pour un coût de 38.
On va donc modifier le coût et voir ce qui se passe.
La commande « spanning-tree cost » permet de modifier le coût d’une interface.
Ici, on se connecte sur le port 45 et on lui spécifie un coût de 50.
Si on rappelle notre commande « show spanning-tree », on peut voir que l’interface 45 est maintenant bloquée, car il a un coût plus élevé que son autre interface, la 44, qui est maintenant notée le « root port » !
Avec un « show spanning-tree », sans la pipe, on voit que le root ID porte la mac-adresse représenté qu’avec des « 2 »,
C’est donc le switch A, et que pour le joindre le coût est de 38.
Avant de continuer, on va revenir à l’état initial en supprimant notre dernière commande !
Nous venons de voir qu’il était possible de modifier le chemin d’origine en jouant avec le coût des ports.
Nous allons maintenant voir qu’on peut aussi influencer le spanning-tree en modifiant la priorité du port.
Pour voir ça en détail, on va rajouter un lien supplémentaire entre le switch A et le B !
Si on fait un « show spanning-tree» sur le switch B.
On voit que sur ce nouveau lien, le port 41 a le rôle de root et la 45 est dans un état bloqué.
Alors, pourquoi le switch, a-t-il décidé de bloquer le port 45 et pas le 41 ? Alors que ces deux interfaces |ont le même coût !
Eh bien, dans ce cas, le choix se fait avec la priorité du port.
Alors attention, ici les valeurs que l’on voit sur le switch B, seront utilisées dans les BPDU que le switch B émettra !
Si le switch B préfère bloquer son port 45, au lieu du 41, c’est parce que dans la BPDU reçue du switch A, par le port 42, porte une priorité plus faible !
Le switch choisira l’interface par laquelle il reçoit le Port-ID le plus faible…
On va maintenant changer la priorité des BPDU que le switch B reçoit. Il va donc falloir modifier le switch A.
La commande « spanning-tree port-priority » permet de modifier la valeur de la priorité du port.
Ici, à la place de 128, qui est la priorité par défaut, on lui met : 112 !
Et si maintenant, on retourne faire un « show spanning tree » sur le switch B, cette fois-ci, on voit que le port bloqué est le 41 !
J’espère ne pas vous avoir perdu !
Si vous avez du mal à comprendre, la méthodologie du spanning tree, je vous recommande de construire la même topologie que j’utilise et d’examiner votre propre topologie Spanning Tree.
Jouez avec :
- La priorité du switch,
- Le coût
- Et la priorité du port
Pour voir en direct les différents changements des états des ports.
Conclusion
La gestion des réseaux par le biais du spanning tree implique une compréhension approfondie de la notion de port priority. Comme nous l'avons vu dans cet article, la priorité des ports joue un rôle crucial dans la détermination des chemins empruntés par les données à travers le réseau. En modifiant la port priority, on peut influencer activement les décisions prises par les commutateurs, ce qui peut avoir un impact significatif sur la topologie du réseau.
Dans notre exploration, nous avons constaté que la manipulation de la port priority peut conduire à des changements dynamiques dans la configuration du spanning tree. En ajustant les priorités des ports, nous pouvons contrôler quelles interfaces restent actives et lesquelles sont bloquées, permettant ainsi une gestion fine du trafic réseau.
Il est essentiel de noter que la port priority ne fonctionne pas isolément, mais en interaction avec d'autres paramètres du spanning tree, tels que la priorité du switch et le coût des interfaces. Ensemble, ces éléments déterminent la façon dont les données sont acheminées à travers le réseau.
En conclusion, la compréhension de la port priority est cruciale pour optimiser les performances du réseau et assurer sa fiabilité. En expérimentant avec les différentes configurations et en observant les résultats en temps réel, les administrateurs réseau peuvent affiner efficacement la topologie du spanning tree pour répondre aux besoins spécifiques de leur infrastructure.
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